Il faut revenir à un bien-être naturel…

Publié le : 28/07/2016 11:33:06
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Il faut revenir à un bien-être naturel…

Va-t-on vers une tyrannie du bien-être ? Dans leur ouvrage « Le syndrome du bien-être », paru en mai 2016 aux éditions l’Echappée, Carl Cederström et André Spicer, tous deux chercheurs (l’un à Stockholm et l’autre en Angleterre), universitaires et déjà auteurs d’autres ouvrages, s’interrogent sur une nouvelle tendance individuelle qui tend à se transformer en morale sociale, la quête du bien-être. Presque une religion, où les « prêtres » et autres gourous adopteraient les habits des coaches et autres donneurs de leçons très bien payés.

Ils montrent dans ce livre « …comment la recherche du bien-être optimal, loin de produire les effets bénéfiques vantés tous azimuts, provoque un sentiment de mal-être, et participe au repli sur soi… ». Pas de critique directes des techniques et conseils donnés, mais une mise en garde réelle contre leur accumulation érigée en système, quand, adoptées officiellement par des entreprises ou des états, ces méthodes entraînent par contre-coup une mise en accusation de ceux qui ne pratiquent pas, comme s’ils étaient de mauvais employés, ou de mauvais citoyens, refusant de contribuer par leurs attitudes « négatives » à la productivité et au développement économique.

« …Ils analysent de multiples cas symptomatiques, comme ceux des fanatiques de la santé en quête du régime alimentaire idéal, des employés qui débutent leur journée par un footing ou par une séance de fitness, des adeptes du « quantified self » qui mesurent (gadgets et applications à l’appui) chacun de leurs faits et gestes, y compris les plus intimes… ».

« …Il s’agit ici de mettre l’accent sur la transformation du bien-être en impératif moral… ». Citant le penseur Alenka Zupancic, le doute s’installe. « …Un système nommé biomorale, qui repose sur l’axiome fondamental suivant : une personne qui se sent bien (et qui est heureuse) est une bonne personne ; à l’inverse, une personne qui se sent mal est une mauvaise personne… ».

En quelques 170 pages et 5 grands chapitres, dont un très important sur l’alimentation, s’appuyant sur de nombreuses citations, l’argumentation est saisissante, interrogative, et aboutit à une conclusion perturbante. « ….Dans ce monde inquiétant, la bonne santé devient un impératif moral, le désir de transformation de soi remplace la volonté de changement social, la culpabilisation des récalcitrants est un des grands axe des politiques publiques, et la pensée positives empêche tout véritable discours critique d’exister… ».

L’avertissement mérite d’être fait. Où est le naturel, l’authentique, dans tout cela, quand tout est dosé, mesuré, formaté ? Quand on multiplie les appareils, les compteurs, les applications intégrées, pour « optimiser » les résultats inculqués ?

Soyons justes. Il ne faut pas rejeter les conseils donnés, mais simplement les apprécier avec un minimum de recul, pour ne pas s’en faire un code de conduite rigoriste, recréant un stress généré par une angoisse de ne pas être au top, de ne pas atteindre l’excellence, de déplaire à son coach ou à son employeur.

Un vaste débat, qui doit être abordé avec toutes les précautions nécessaires. Et qui n’empêchera pas Naturisme Magazine de continuer à vous offrir ses rubriques habituelles, tenues par des spécialistes, pour bien vivre…mais en pleine conscience de soi, et du fait que nul n’est une île…

JLB

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