Des nus féminins exposés par des femmes !

Publié le : 04/04/2017 18:47:47
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Des nus féminins exposés par des femmes  !

Du 8 au 25 mars 2017, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’espace d’exposition Le Cœur, rue de Turenne, à Paris, et l’association La Poudre, présentaient « My Body My Choice », en partenariat avec La Librairie des femmes. 4 femmes photographes y étaient présentées, Estelle Hanania, Alice Moitié, Maroussia Rebecq et Sonia Sieff.

« My Body My Choice », c’est le cri des femmes américaines qui militent pour conserver leur droit à l’avortement dans l’Amérique de Trump. C’est un appel, pour les femmes, à garder le contrôle de leur corps et de sa représentation. C’est aussi le sous-texte de cette exposition.

La photographe Sonia Sieff a produit une série de portraits de femmes nues, pour son livre « Les Françaises », se réappropriant le geste, historiquement monopolisé par des hommes, de capturer sur pellicule l’image du corps féminin. Les Éditions Rizzoli ont publié le 1er mars un recueil de 155 photos réalisées par Sonia Sieff. C’est un ouvrage de 176 pages intitulé « Les françaises », mises à nues par l’artiste, « …qui est forcément allé à bon école… », souligne certains, sachant qu’elle n’est autre que la fille du photographe Jean-Loup Sieff, connu dans les années 50 à 90 pour de somptueuses photographies prises le plus souvent en noir et blanc.

Née à Paris, celle-ci a grandi dans l’appartement familial du 17ème arrondissement, qui abritait le studio de ses parents (Barbara Rix et Jean-Loup Sieff). Photographe de plateaux, puis de portraits, elle s’oriente ensuite vers la mode. Elle travaillera pour différents magazines tels que Vogue ou Vanity Fair et réalisera des films.

Cet ouvrage est son premier livre, et a eu les honneurs du magazine Elle…même si ses clichés de françaises de tous les jours, que l’on croise dans la rue « …et non pas sur le papier glacé de magazines léchés… » ne répondent pas toujours aux canons traditionnels de la mode. L’auteur a pour cela un discours qui réjouirait nombre de naturistes.

«…Je pense à elles. Françaises de cœur ou de naissance, elles m’ont offert leur beauté, leur force animale, leur douce folie. Pas d’autre choix qu’un face à face intime pour qu’elles se déshabillent à moi, se mettent à nu pour vous. Sans pose, sans filtre. Retouchées, ce ne sont plus les mêmes. Au naturel, elles révèlent leur univers, leur secret. Des portraits déshabillés de femmes que j’admire, qui pourraient toutes être sœurs ou amies. Ce livre est le récit d’une traque, entre longues discussions du soir et drague d’été sur la plage…» précise-t-elle.

Mais, regrette-t-elle, « …Les retours sont bons sur l’ouvrage, mais rares sont les médias qui veulent publier ces images. Ils craignent d’éventuelles réactions de leurs lecteurs. On sent une régression nette de la liberté de montrer, alors que sur les réseaux sociaux, l’exposition de peaux est permanente… ».

Les photos du livre sont présentées à la « A Gallerie », au 4 rue Léonce Reynaud, Paris 16ème jusqu’au 1er mai 2017.

Autres visions - Pour lui répondre, étaient présentées

-          les photographies de la série « Moi, Maroussia toute nue », autoportraits de Maroussia Rebecq, qui, entre provocation et naturisme, met en scène son corps nu triomphant dans des lieux extérieurs.

-          Alice Moitié, photographe et vidéaste, avec ses personnages féminins excentriques, évoque une nudité triomphale, libérée de tous les stéréotypes esthétiques et sexuels. Ses images sont un récit de la « positivité du corps » chérie de la génération Z, la sienne.

-          Enfin, dans l’image d’Estelle Hanania, une femme nue sort d’un cyclo rouge sang fendu en son milieu, allégorie de l’origine du monde, mise en abyme de la féminité et de la création, comme à la naissance, le corps se glisse hors d’un carcan dans lequel il ne peut plus longtemps rester enserré.

Pour enrichir la réflexion suscitée par cette exposition, un épisode spécial du podcast « La Poudre » était enregistré le 8 mars dans le sous-sol de la galerie, en présence d’une trentaine de fidèles auditrices recrutées sur les réseaux sociaux des studios Nouvelles Ecoutes. Une discussion pour rendre hommage à celles qui, avant les trois artistes de l’exposition, se sont confrontées à l’exercice de la représentation du corps des femmes par les femmes : de Lavinia Fontana à Renee Cox, en passant par Judy Chicago. Face aux artistes, des expertes du corps féminin exploreront les besoins, et les moyens, de libérer ce corps pour de bon. Une militante féministe passée par Femen, journaliste et documentariste, Elvire Duvelle-Charles évoqua le corps nu militant, arme utilisée dans la lutte politique et sociale féministe. La performeuse et artiste Rebecca Chaillon, engagée pour une représentation libre des corps et des sexualités, incarnait le mouvement « body positive » français.

Enfin, la journaliste Élise Thiébaut, auteur de « Ceci est mon sang », un livre jubilatoire consacré à l’histoire et à la science des menstruations, analysa la place du corps féminin dans les représentations sociales.

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